Fruit de recherches qui auront duré près de dix ans, le nylon cher à Du Pont de Nemours va, lui aussi, bouleverser le monde de la lingerie grâce à des atouts uniques : brillant, solide, séchant vite et ne se repassant pas, il ne sera détrôné par aucun autre textile. Un coup d'œil sur les étiquettes le confirme : il est plus que jamais présent, jugé indispensable lorsqu'il s'agit de conférer aux fibres naturelles les qualités qu'elles n'ont pas.
Mais c'est incontestablement le lycra qui mérite la qualification de trouvaille du siècle. Appartenant à la famille des fibres synthétiques élasthannes (spandex aux Etats-Unis), ce fil, qui se décline dans une vaste gamme de titrages, agit comme un véritable ressort, capable de reprendre sa forme initiale, sans déformation, après avoir été étiré jusqu'à sept fois sa longueur. Il a d'autres avantages dont celui d'améliorer le maintien des tissés, d'augmenter la résistance des mélanges auxquels il participe, de rendre leur entretien très aisé, de jouer les accélérateurs de séchage, bref, d'apporter à des matières naturelles comme la soie ou la dentelle un maximum de confort et de tonus. Le lycra n'est évidemment jamais utilisé seul. Il serait donc plus juste, précise-t-on chez Du Pont, de parler d'un vêtement avec lycra, ce qui éviterait la confusion lycra=synthétique.
D'autant plus injustifiée que, combiné au coton ou à la soie, il conserve toujours les qualités de la fibre majoritaire. Autre précision: il peut être transparent, mat ou blanc, et comme il ne prend pas la couleur, il doit toujours être recouvert d'un fil de nylon qui le protège tout en permettant sa teinture.
Nouvelle technologie ; sexy ou épuré, mais invisible !
Comme le souligne Christian Martignier, expert en lingerie,(parmi les marques qu’il représente on trouve Nina Ricci, Millesia, Rien, Princesse Tam-Tam), les femmes ont tendance à se partager en deux camps : celles qui aiment la dentelle, les broderies, privilégiant le côté sexy de l'ensemble, et celles qui ne jurent que par l'épuré, sans fioritures, tout en discrétion sous le vêtement moulant. Toutes partagent cependant une priorité : que la lingerie ne se repère pas sous le vêtement.
L'obsession de la fin des années 90, c'est la discrétion. Plus question de repérer, sous la jupe ou le pantalon, la trace d'un slip ou de deviner, sous un pull, le relief d'un soutien-gorge. Les recherches vont donc dans ce sens, le lycra apportant son élasticité, le montage garantissant d'autant mieux le caractère ultraplat des coutures ou des bordures que le matériel utilisé est sophistiqué et donc qu'il s'agit de pièces haut de gamme. Quant au string, il triomphe, pour les mêmes raisons. D'autant moins repérable qu'il colle à la fesse et donc n'est pas choisi trop... petit. Dans la même optique, le sans couture illustre une nouvelle génération qualifiée de technologique tant ses exigences sont élevées sur le plan technique.